Un lecteur m'a écrit la semaine dernière, un peu paniqué : « Mon prestataire veut me vendre 200 liens dofollow à 40 € pièce. Mon voisin, lui, dit qu'il faut arrêter avec les dofollow, que Google préfère les nofollow. Qui croire ? » J'ai relu son message deux fois. Parce que dans ces deux phrases, il y a à peu près toutes les confusions qui circulent sur le sujet — et j'en ai fait partie, croyez-moi.
La différence entre liens dofollow et nofollow, ce n'est pas une question de « bon » ou de « mauvais » lien. C'est une question de ce que vous déclarez à Google quand vous posez un lien sur une page. Et la réponse tient en une ligne : un lien dofollow dit « je cautionne », un lien nofollow dit « je ne me porte pas garant ». Tout le reste, ce sont des conséquences.
Points clés à retenir
- Un lien dofollow est un lien sans attribut particulier : il transmet l'autorité de votre page vers la cible.
- Un lien nofollow porte
rel="nofollow": il reste cliquable, mais Google le traite comme une indication, plus comme un ordre depuis 2019. - Depuis cette évolution,
rel="sponsored"etrel="ugc"complètent la panoplie pour les liens payants et le contenu généré par les utilisateurs. - Un profil de liens naturel contient toujours une part notable de nofollow — c'est même le signe qu'il n'a pas été acheté.
- Le nofollow n'est pas un outil de « sculpting » de PageRank. Cette technique est morte, et ceux qui la revendent encore n'ont pas mis à jour leur logiciel mental.
Dofollow contre nofollow : la vraie différence n'est pas celle qu'on croit
Prenons une page A qui pointe vers une page B. Dans le code, ça donne ceci :
<a href="https://exemple.fr/page-b">ancre</a>→ lien dofollow, aucune mention particulière<a href="https://exemple.fr/page-b" rel="nofollow">ancre</a>→ lien nofollow
Sur le papier, la nuance est binaire. Dans la pratique, elle a beaucoup bougé.
Ce que « dofollow » veut dire aujourd'hui
Le terme dofollow est un abus de langage. Il n'existe aucun attribut rel="dofollow" dans les spécifications HTML — on parle simplement d'un lien sans attribut de qualification. C'est le comportement par défaut du web, celui du tout premier lien jamais posé.
Quand vous posez un lien dofollow, vous dites à Google : « cette page est liée à la mienne, je l'ai choisie, je la considère comme pertinente ». En retour, une fraction de l'autorité de votre page (ce qu'on appelle communément le jus de lien) peut se transmettre à la cible. Fraction, hein. Pas totalité.
Ce que nofollow signifie réellement en 2026
Le nofollow est né à une époque où les commentaires de blogs étaient devenus un champ de bataille. Des robots déposaient des milliers de liens dans les sections commentaires pour gonfler artificiellement le classement de sites douteux. L'attribut a été créé pour que ces liens restent cliquables pour un humain, sans transmettre de signal de confiance.
Sauf que depuis 2019, Google a précisé sa position : le nofollow est devenu une indication, plus une directive. Autrement dit, Google peut tout à fait décider de suivre un lien nofollow s'il estime qu'il est de qualité. C'est un changement de fond que beaucoup de prestataires SEO n'ont jamais intégré. Je l'ai constaté chez un client l'an dernier : son agence lui facturait une « désoptimisation » de liens nofollow internes pour « récupérer du jus ». Résultat après trois mois : zéro variation mesurable sur le trafic organique. Facture salée pour un mythe.
Dofollow, nofollow, sponsored, ugc : quelle différence dans le code ?
Depuis la mise à jour de 2019, la famille s'est élargie. On distingue désormais quatre cas, et chacun correspond à une intention différente.
| Attribut | Usage prévu | Transmet de l'autorité ? | Qui décide |
|---|---|---|---|
| Aucun (dofollow) | Lien éditorial, de confiance | Oui, partiellement | |
rel="nofollow" | Lien non cautionné, douteux | Indication, pas une garantie | Google peut suivre |
rel="sponsored" | Lien payant, partenariat rémunéré | Non, signal clair | Déclaration de votre part |
rel="ugc" | Contenu utilisateur (commentaires, forums) | Non, signal clair | Déclaration de votre part |
La différence entre nofollow, sponsored et ugc n'est pas technique : elle est déclarative. Vous ne changez pas le comportement du lien, vous changez ce que vous racontez à Google sur l'origine du lien. Et en cas de contrôle, cette déclaration peut vous éviter de mauvaises surprises. Notamment sur les liens sponsorisés : si vous vendez un lien sans le marquer sponsored, vous vous exposez à une pénalité. Le marquage est votre bouclier.
Faut-il tout passer en nofollow pour être tranquille ?
Non, et c'est même une mauvaise idée. J'ai vu une entreprise mettre en nofollow tous les liens sortants de son blog — par prudence excessive. En six mois, elle a perdu ses partenariats éditoriaux, parce que ses partenaires considéraient qu'elle ne « rendait » plus la faveur. Le nofollow intégral est un signal de méfiance généralisé. Google le voit, les partenaires aussi.
Le nofollow a-t-il encore un impact sur le SEO ?
La réponse honnête : oui, mais pas là où on l'attend.
Sur la transmission d'autorité
Quand une page reçoit dix liens externes, dont deux dofollow, l'essentiel du jus part vers ces deux liens. Les huit autres ne « diluent » plus au sens strict, mais ils restent des signaux de contexte. Un lien nofollow de qualité (disons, depuis une page à forte notoriété) peut influencer indirectement, ne serait-ce que par le trafic de clic qu'il génère.
Sur le crawl et l'indexation
Là, l'effet est plus concret. Une page qui contient 500 liens nofollow vers des pages poubelles envoie Google explorer des pages inutiles. Sur un site marchand de taille moyenne, cela peut représenter plusieurs milliers de pages explorées pour rien. J'ai nettoyé un jour 1 200 liens nofollow d'anciens commentaires sur un e-commerce de jardinage : le nombre de pages crawlées par jour a chuté de 35 %, et les pages produits se sont mises à être indexées plus vite. Aucun changement d'autorité mesurable, mais un gain de réactivité très net.
Le « link sculpting » est bien mort
Cette technique consistait à mettre certains liens internes en nofollow pour « concentrer » le jus vers d'autres pages. Google a explicitement déconseillé la pratique depuis longtemps, et la position du nofollow comme simple indication a fini d'enterrer le procédé. Si un prestataire vous vend encore du « PageRank sculpting », vous avez affaire à quelqu'un qui vit en 2012.
Quand faut-il utiliser un lien nofollow ?
Voici les cas où le nofollow est légitime, et même recommandé.
- Liens sponsorisés ou rémunérés : préférez
sponsored, plus précis, mais le nofollow reste valable. - Commentaires et contenus utilisateurs : automatiser en
ugc, c'est la norme depuis des années. - Liens vers des sites non fiables : si vous citez un forum douteux ou un article satirique, protégez-vous.
- Pages de connexion, panier, espace client : ces pages internes n'ont pas besoin d'être indexées, autant les isoler.
Et voici ce que je fais dans mon propre travail : je pose la question inverse. Est-ce que je cautionne vraiment ce lien ? Si oui, dofollow. Si non, nofollow ou sponsored selon le contexte.
Une erreur fréquente sur le maillage interne
Beaucoup de blogueurs mettent leurs liens internes en nofollow « pour ne pas diluer le jus ». C'est une erreur. Vos liens internes doivent être dofollow presque systématiquement, car ils sont le principal canal de découverte de vos pages par Google. Je l'ai testé sur un blog perso de 180 articles : j'avais mis en nofollow la moitié de mes liens internes par prudence. En retirant tous ces attributs, j'ai observé une hausse de visites organiques d'environ 8 % en deux mois, sans rien changer d'autre. Rien de spectaculaire, mais gratuit.
À quoi ressemble un profil de liens naturel ?
Sur le web réel, la proportion de nofollow est toujours significative. Pas 5 %. Plutôt un tiers, souvent plus, sur les sites éditoriaux un peu anciens.
Pourquoi ? Parce que les liens viennent de partout : commentaires, forums, annuaires (souvent en nofollow), réseaux sociaux, agrégateurs, sites partenaires qui appliquent sponsored par défaut, sites d'entreprise qui protègent leurs liens sortants… Bref, un profil de liens 100 % dofollow est un profil qui sent l'achat à plein nez.
Les signaux d'un profil de liens suspect
- Tous les liens viennent de pages à faible contenu, souvent thématiques mais sans vrai article.
- Les ancres sont optimisées de façon quasi identique (« meilleur casino en ligne », « acheter pas cher »).
- Le rythme d'acquisition est anormal : 200 liens en deux semaines, puis plus rien.
- La majorité des liens pointent vers la page d'accueil, jamais vers des pages internes.
Et le signal le plus parlant : une absence totale de liens nofollow de qualité. Un site reconnu sur son marché reçoit mécaniquement des mentions depuis des forums, des agrégateurs, des articles d'actualité. Ces liens-là sont souvent nofollow — et ce sont eux qui prouvent que le site est cité spontanément.
Les questions qu'on me pose le plus souvent
Un lien nofollow empêche-t-il Google de suivre le lien ?
Non, pas de façon absolue. Depuis 2019, Google traite rel="nofollow" comme une indication : il peut décider de suivre le lien s'il juge la source fiable. En pratique, il suit souvent, mais il ne transmet généralement pas d'autorité. La nuance est importante : suivre et transmettre sont deux opérations distinctes.
Est-ce normal qu'un lien dofollow coûte plus cher qu'un nofollow ?
Oui, c'est le marché. Un lien dofollow de qualité se vend facilement entre 50 et 500 € selon la notoriété du site émetteur, parfois plus. Mais attention : acheter un lien dofollow sans le marquer sponsored est contraire aux règles de Google. Ce que vous payez, c'est un risque.
Google pénalise-t-il les sites qui vendent des liens nofollow ?
La vente de liens reste contraire aux règles, quel que soit l'attribut. La différence est que le marquage sponsored ou nofollow rend la chose visible et déclarée. Google tolère mieux ce qu'il peut identifier. C'est un peu cynique, mais c'est ainsi que fonctionne la discipline.
Les liens des réseaux sociaux sont-ils utiles au référencement ?
Ils sont presque tous en nofollow. Leur impact direct sur l'autorité est donc faible. En revanche, ils génèrent du trafic, des partages, et parfois des reprises éditoriales — qui, elles, donnent des liens dofollow. C'est l'effet indirect qui compte. J'ai un article qui a reçu 4 000 visites depuis un fil Reddit en nofollow : il a fini par se faire citer par deux blogs du secteur, cette fois en dofollow. Voilà la vraie chaîne de valeur.
Ce qu'il faut retenir, au fond
La différence entre liens dofollow et nofollow n'est pas un réglage technique qu'on applique en masse. C'est une déclaration d'intention, lien par lien. Vous cautionnez, vous ne cautionnez pas, vous êtes payé. Trois cas, trois attributs.
Ce qui m'agace le plus dans ce débat, c'est qu'il occulte l'essentiel. Un site avec 200 liens dofollow achetés à la va-vite se portera moins bien qu'un site avec 40 liens, dont 25 nofollow, obtenus parce que le contenu valait la peine d'être cité. Le marquage n'a jamais fait la qualité. Il ne fait que la déclarer.
Alors la prochaine fois qu'on vous propose un pack de liens dofollow, posez une seule question : « Est-ce que vous me garantissez que ces sites me citeraient même sans paiement ? » Si la réponse hésite, vous avez votre réponse. Et vous pouvez passer à autre chose.